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lundi 12 décembre 2016

Deux remords de Claude Monet


Deux remords de Claude Monet, Michel Bernard, 
Editions La Table Ronde, 
224p.
Publié le 18 août 2016.



Cette rentrée littéraire 2016 est riche de romans qui parlent d'art et d'artistes.
Je vous avais, en effet, parlé du roman qui a pour héros Blaise Cendrars et Erik Satie, Les pêcheurs d'étoiles de Jean-Paul Delfino. Il y a aussi le nouveau roman de Jean-Michel Guenassia, La valse des arbres et du ciel, autour de Van Gogh et dont je vous parlerais une prochaine fois. 
Et puis chez La Table Ronde, nous avons eu le droit à un petit roman sur Monet, et les impressionnistes.

Le roman de Michel Bernard se découpe en 3 parties. Dans la première il nous parle de Frédéric Bazille. Ce grand échalas, peintre impressionniste aux côtés de Monet, Manet, Degas..., mort trop tôt, tombé au combat à la bataille de Beaune-la-Rolande en 1870, reconnu trop tard par le grand public. Car Bazille était un grand ami des peintres impressionnistes très connus de nos jours. Il était en cours en atelier en compagnie de Monet, Renoir et Sisley. Issus d'une famille de notables Montpelliérains il achetait des oeuvres à ses amis quand ceux-ci ne vendaient rien. Pour leur permettre de survivre, mais aussi parce qu'il aimait leur travail. Je ne vous ressortirais pas mon exposé fait sur ce peintre et son tableau Réunion de Famille fait en première année de fac, mais je peux vous certifier que c'est un peintre que j'aime beaucoup. Et un roman qui s'ouvre sur sa mort, ce n'est pas commun. Peu de gens parlent de Bazille quand ils évoquent les peintres impressionnistes. Et pourtant, ce personnage et son travail ont hantés Monet toute sa vie. 
Monet qui ne s'est pas battu lors de la guerre franco-prussienne à laquelle Bazille a donné sa vie. Monet qui avait fuit en Angleterre pour échapper à la conscription avec sa femme Camille. 
Camille, un autre personnage assez méconnu et pourtant présente dans de nombreuses toiles de son maris. Premier amour de Monet, première épouse de l'artiste. Elle lui consacra sa vie. C'est autour de sa figure que s'articule la seconde partie du roman.
Quand à la troisième partie, il s'agit de Monet. Enfin! me direz-vous? Et bien oui et non. Cette dernière partie nous parle de lui à la fin de sa vie, quand il se lance dans la réalisation de son grand oeuvre, la série des Nymphéas. Mais tout au long du roman, c'est bien Monet qui est au cœur de l'écriture de Michel Bernard. 

Ce roman nous parle d'hommes, de peinture, d'art, d'amours. On y découvre comment les peintres travaillaient. Qui les aidaient quand ils ne vendaient presque pas. On y découvre un Monet vieillissant, presqu'aveugle, qui refuse de se faire opérer alors que sa peinture devient brouillonne et incompréhensible. On y découvre des femmes, dans l'ombre de ce grand peintre. Camille qu'il n'oubliera jamais, et dont il peint un portrait magnifique après sa mort.
Des amitiés, indéfectibles malgré le temps qui passe et les succès qui ne sont pas toujours au rendez-vous. L'humilité d'un artisan alors que son succès international en fait un homme riche. 
Un artisan que les puissants aident même lors de la première guerre mondiale. A un moment où les gens sont sur les routes, ou les hommes meurent sur le champs de bataille par milliers, le gouvernement ordonne de réquisitionner tout le matériel dont Monet a besoin pour qu'il puisse continuer de peindre.
C'est tout l'envers des tableaux de Monet que Michel Bernard met au jour dans son roman.

L'écriture n'y est pas transcendantale. Mais elle est suffisante pour nous transporter dans la vie de cet homme dont on connait si bien l'oeuvre. 
Un roman qui permet de (re)découvrir un grand peintre français à travers une fenêtre plus opaque que celle de ses tableaux.

dimanche 11 décembre 2016

La sociologue et l'ourson

La Sociologue et l'Ourson, 
un film de Etienne Chaillou & Mathias Théry
DVD Quark Productions et Docks 66
Sortie le 6 avril 2016
1h 18min.

Une fois n'est pas coutume, et même totalement exceptionnel, j'ai envie de vous parler d'un documentaire.
Entre septembre 2012 et mai 2013, la France s'est enflammée autour du projet de loi du Mariage pour tous. Pendant ces 9 mois de gestation législative, la sociologue Irène Théry raconte par téléphone à son fils, réalisateur, les enjeux de ce débat. Et c'est ainsi, qu'est né ce film. Mélange d'images filmées pendant cette période, honteuse pour la France, et d'animations faites à l'aide de peluches et de jouets. Ce documentaire ne traite pas uniquement de ce projet de loi. Il explique aussi ce qu'est la famille, en France, au XXIème siècle.

En échangeant avec son fils, Irène Théry tient des propos clairs, simples, et déroule sa pensée avec aisance. On y (re)découvre l'évolution du mariage à travers les siècles, mais aussi les "tricheries", et petits aménagements effectués de tout temps par les Hommes pour assurer sa descendance. Car c'est bien ce qui est au cœur de la famille, la filiation. Ce documentaire, tout à fait didactique et ludique répond à de très nombreuses questions, et me semble parfait pour apaiser les peurs de tous ceux qui sont descendus dans les rues contre cette loi. J'ai enfin compris pourquoi de si nombreuses personnes étaient contre. J'ai aussi fini par comprendre pourquoi autant de monde se dit contre la PMA et la GPA pour les couples de même sexe. J'ai enfin pu comprendre leurs peurs. 

Du coup en le visionnant, je me suis dis que c'était un documentaire parfait pour désamorcer ces peurs, tant il leur répond aisément. 
C'est donc terriblement bien tourné, malin, drôle, avec des détours par l'histoire, parfois très émouvant. Un documentaire qui permet aussi de mettre un visage sur quelques unes des personnes attaquées par ceux de la Manif pour tous. De quoi leur rappeler qu'il ne s'agit que d'humanité, de liberté, d'égalité et fraternité!

A voir absolument et à diffuser largement!




lundi 7 novembre 2016

Nouveauté

Bonjour à tous!

Bientôt 4 ans que ce blog existe, que je l'alimente, même de manière sporadique. 4 ans de bons et loyaux services. Mais 4 ans avec si peu de changements que j'en ai eu marre. J'avais envie de nouveauté, de changement, d'un nouveau souffle. 

Voici donc un nouveau blog, chez un nouvel hébergeur! Je ne compte pas laisser celui-ci disparaître. Non. Je ne suis pas encore prête.
Désormais ce blog sera consacré à la littérature adulte. 
L'autre ne traitera que de littérature jeunesse. Et quand je dis jeunesse, je parle aussi des romans pour ados. 
Désormais deux univers, qui vont cohabiter, mais plus dans le même espace. 
Avec l'espoir que les choses soient plus claires et plus faciles à trouver pour les lecteurs.

Merci à vous!


lundi 24 octobre 2016

Babybatch

Babybatch, Isabelle Coudrier, 
Seuil, janvier 2016
400p.


Alors là, me voici bien embêtée... Que dire de ce roman?
Du bien? Du mal? Je vais être obligée d'en dire les deux....

Isabelle Coudrier, que j'avais découvert et adoré avec J'étais Quentin Erschen est revenue discrètement en janvier, chez un nouvel éditeur, pour un nouveau roman. Je dis discrètement parce que j'étais totalement passée à côté. Et puis, histoire de me faire une petite pause dans la rentrée littéraire je me suis plongée dans son Babybatch
Babybatch c'est Benedict Cumberbatch, vous savez cet acteur britannique au charge ravageur qui nous envoûte avec brio dans son rôle de Sherlock Holmes dans cette série de la BBC. J'aime beaucoup la série, même si je ne connais rien sur la vie de Benedict. Enfin ça c'était avant. Avant de lire Babybatch
Dominique a 15 ans. Elle est française, vit dans une banlieue de province et est une FAN inconsidérée de Benedict Cumberbatch. Loin des critères de beauté des ados de son âge, elle voue un culte à cet acteur plus vieux, so british. Toute sa vie ne tourne qu'autour de l'acteur. Elle passe des heures à le traquer sur Internet. Apprend l'anglais pour comprendre ses interviews. Se passionne pour Shakespeare quand l'acteur est annoncé pour jouer Hamlet au théâtre à Londres. Peu à peu elle se coupe du monde, de ses amis qui lui tournent le dos. En même temps on peut les comprendre, a 15 ans Benedict Cumberbatch ne fait pas forcément rêver. 

Voilà donc un peu l'histoire de ce roman. Dominique qui traque de loin son acteur fétiche. Certes ce roman aborde donc le vaste problème de la vie rêvée, la vie numérique qui prends le pas sur la vie réelle. Il y a chez Domonique une réelle addiction à cette vie virtuelle qui s'installe progressivement. Au point qu'elle ne s'intéresse plus, ou pas assez, aux êtres vivants qui l'entourent. C'est un sujet d'actualité, même si en France nous n'avons pas autant de reclus vivants dans leur monde imaginaire qu'il en existe au Japon. Mais la manière de le traiter m'a parfaitement ennuyé.  
Heureusement que l'écriture d'Isabelle Coudrier est toujours aussi enchanteresse, et me plaît toujours autant, sans quoi j'aurais abandonné bien avant la fin...

vendredi 21 octobre 2016

Dans le désordre

Dans le désordre, Marion Brunet
Sarbacane, collection Exprim'
256p.
A partir de 14 ans.
Sortie en janvier 2016.

Et bim. Voilà une lecture qui m'a mise KO. Un roman qui m'a bouleversé. Ce matin, avant de partir travailler, j'ai lu quelques pages. J'avais un peu de temps. Et puis j'ai dû m'arrêter. A un passage totalement émouvant, prenant aux tripes. Et j'ai passé ma journée de travail un peu ailleurs, à attendre la fin de ma journée pour reprendre ma lecture. Basile, Marc, Jeanne, Tonio, Alisson, Jules, Lucie. Sept personnages, tous plus réels les uns que les autres. Tous plus blessés, plus à vifs. Qui se demandent sans cesse où ils iront après, une fois qu'ils seront chassés de leur nouveau squat. Et Basile qui répond, invariablement "Après... on ira ailleurs." Ils y sont ailleurs. Ils sont en moi, pour un long moment je pense.

Ce roman est fort, puissant. Il remue. Il fait trembler toutes nos fondations, il fait trembler le corps, le cœur, les murs... Il nous entraîne dans des montagnes russes émotionnelles. Des moments de réflexions intense sur notre société et les combats à mener. Après le 14 Juillet d'Eric Vuillard, voilà un roman bien puissant sur les luttes actuelles. 
Ce roman parle, en effet, de 7 personnes, qui se rencontrent lors d'une manif. Dans le désordre et le chaos de la charge policière, ils vont unir leurs colères, leurs réflexion, leurs destins. Chacun a ses raisons, mais tous sont d'accord. Il faut changer le monde dans lequel on vit. Et cela ne peut se faire sans lutte, sans sacrifice. 

"Mais la faction Armée Rouge du Berlin sauvage et résolument en guerre l'a toujours fasciné. Une époque qu'il aurait aimé vivre, où les luttes avaient un sens et se jouaient sans concessions. Aujourd'hui, tout s'est ramolli, tout est trop confortable. Même les plus révoltés se laissent coincer par la dernière saison de Breaking Bad et un pack de bières à la vodka. Même lui. Il n'est pas meilleur qu'un autre, il le sait. L'insurrection demande une vraie abnégation, la foi n'est pas un chemin facile."

Se battre et difficile. Et pourtant ils y croient tous. Ils continuent d'avoir l'espoir dans un monde plus juste, plus égalitaire, plus coopératif. Et ensemble ils cherchent la voie. Ils sont nombreux dans le monde comme eux. Nombreux à vouloir changer les choses chacun à sa manière.
"De l'extrême gauche pacifiste aux autonomes anarchistes des Black Blocs, tous ont le même but aujourd'hui: dire qu'ils existent, qu'ils refusent le nouvel ordre mondial, le capitalisme au visage immonde. Des mains trempées dans la peinture blanche s'ouvrent vers le ciel, vers les caméras fixées sur les hélicoptères tournoyant au dessus de la foule. Des doigts se tendent, dérisoires insultes, cris de vindicte -et des poings serrés par milliers. No pasaran! Le cri prend forme à mesure que les voix s'accordent dans une même scansion. No pasaran! Mais ils sont déjà passés depuis longtemps, arguments économiques en étendard, appauvrissement et déculturation en arme de pointe -combat sournois, gagné d'avance."

Et au cœur de toute cette révolte, de tout ce tumulte, de tout ce désordre, Jeanne et Basile s'aiment. Un amour fou et solaire. Un amour plein de promesses et d'avenirs dans une société qui ne semble pas en donner beaucoup.

L'écriture y est vive, incisive, franche. Comme l'histoire. Il y a de réels passages de poésie, et des moments de colère brute.
C'est un roman réellement beau, puissant, et fort que nous offre Marion Brunet.
Je pense que ses personnages, son histoire, et ses réflexions resteront en moi pendant longtemps. 
Il y avait déjà un peu de moi dans le roman, normal que le roman ait tellement laissé en moi....
A mettre entre toutes les mains!


"Amasser du fric ne l'intéresse pas. Etre propriétaire, pas plus. Les fringues, les choses neuves, les iPhones, il s'en tape. En ce sens, la vie qu'ils inventent lui convient. Mais un peu plus de pognon pour offrir des vacances à sa mère... La voir vivre dans un quartier plus sympa. Emmener Jeanne en voyage..."

lundi 17 octobre 2016

Station Eleven

En cette rentrée littéraire 2016, les éditions Rivages nous offre le 4ème roman d'Emily St. John Mandel, le magnifique Station Eleven.

On pourrait croire au premier abord qu'il s'agit d'un livre de pure Science-Fiction. Nous sommes en Amérique du Nord. La civilisation s'est totalement effondrée suite à une pandémie mondiale foudroyante. Et dans ce paysage post apocalyptique, un petit groupe nomade, voyage sur les routes désertes, de microcosme de survivants en microcosme, pour jouer du Shakespeare. Cette troupe qui considère que "Survivre ne suffit pas", apporte du théâtre, de la musique, et du rêve dans un monde qui ne connait plus les arts. 
En parallèle des pérégrinations de la Symphonie Itinérante, nous suivons d'autres personnages, tous ayant connus de près ou de loin Arthur Leander. Acteur mort sur scène d'une crise cardiaque, alors qu'il interprétait le Roi Lear de Shakespeare, juste avant le début de la pandémie, et que le monde ne sombre dans le chaos.

L'auteur nous offre là un roman très beau et mélancolique. Elle y alterne les périodes, passant d'avant la pandémie à l'An 20, passant d'un personnage à un autre. Et pourtant tout se tient. Tout semble avoir sa place, dans un équilibre parfait.

dimanche 11 septembre 2016

Les pêcheurs d'étoiles

Les pêcheurs d'étoiles de Jean-Paul Delfino
Editions Le Passage, 240p.

Sortie prévue le 1er septembre 2016




Paris, 1925. Cette nuit le poète Blaise Cendrars a rendez-vous avec Erik Satie. Il doit lui remettre un opéra dont il a écrit les textes pour lui. Dans un rade rempli de russes avinés la rencontre se tient. Mais Cendrars n'a pas le texte, volé par Cocteau dit-il. La plaie de la guerre Satie-Cocteau est rouverte. De plus à la sortie de ce bar apparaît la silhouette de la belle Biqui, que Satie aime depuis 20 ans. 
Les deux hommes se lancent à la poursuite de la belle fantomatique. Ils vivent alors une nuit majestueuse, pleine de rencontres, de folies, d'arts, de poésies. Une nuit au cours de laquelle ils vont se perdre, mais aussi se retrouver, retrouver leurs souvenirs, et tentent de réenchanter ce triste monde.

Je n'avais jamais lu Jean-Paul Delfino. Et j'ai été conquise par ce roman. A partir de personnages et de faits réels, il imagine une nuit magique dans le Paris de 1925. Au cours de leurs pérégrinations, ils vont aller à l'Opéra Garnier (qui offre une scène savoureuse avec les dévoreuses de carpes), à la Closerie des Lilas où se tient une fête au cours de laquelle est présent le Maître, Cocteau. Ils vont aussi parler d’Apollinaire sur sa tombe au Père Lachaise. Se souvenir de Dakar grâce aux réverbères. Faire une balade avec une descendante de Zarafa, et boire dans un camp de gitans. 
Pour les amoureux de l'art on y croise Chagall, Toulouse-Lautrec, les époux Delaunay, Abel Gance, Modigliani, Cocteau bien entendu, mais aussi Charlie Chaplin. 
Ce texte est plein de fantaisies et de poésie. Et dans les bribes de l'imagination débordante de Jean-Paul Delfino on tire la ficelle des réalités qui semblent aussi loufoques que son récit. J'y ai appris beaucoup de choses sur Blaise Cendrars et Erik Satie, dont je connaissais les noms, mais si peu les œuvres. J'y ai découvert un univers fait de misère financière et de richesse créative. J'y ai rencontré deux personnages hauts en couleurs et attachants. 

Une nuit tourbillonnante, dans laquelle on plonge avec délices. Ce roman se dévore tout autant qu'il se déguste. Il ravira les amateurs d'arts, les amoureux des années folles. 

dimanche 28 août 2016

Et mes yeux se sont fermés

Et mes yeux se sont fermés, Patrick Bard, 
Syros, environs 200p
A partir de 14 ans.

Sortie annoncée pour le 25 août 2016

Ce roman est un véritable coup de poing. Certes l'adolescence n'est pas une période facile, et tout le monde connait de forts changements à ce moment de la vie. Mais Maëlle change un peu trop au goût de sa mère. Changement de garde robe, elle abandonne les tenues féminines pour des tenues informes et de couleurs sombres, elle passe de plus en plus de temps sur Internet, sur son portable, ses résultats scolaires sont en chute libre, elle devient insolente, et quitte son petit ami. Mais Céline, sa mère, ne sait pas trop quoi lui dire, ni comment aborder le sujet sans la braquer. Pourtant ce qu'elle ne voit pas c'est qu'insidieusement, petit à petit Maëlle se retrouve endoctrinée. Comment cette jeune fille pleine de vie et d'idéaux se retrouve-t-elle en Syrie? C'est ce que nous raconte ce roman en partant de la fin, de son retour en France.

Maëlle qui devient Ayat, Ayat qui fuit vers le Shâm en compagnie d'une de ses sœurs pour faire de l'humanitaire et aider les enfants Syriens assassinés par les occidentaux et les mécréants. Mais pour aider, il lui faut se convertir, et se marier surtout à un combattant du Shâm. Un garçon qu'elle ne connait que par messages échangés sur Facebook et SMS. Un inconnu qu'elle va soutenir, qui devra lui faire un enfant, parce que Dieu le veut. 
A travers ce roman choral qui croise les témoignages de tous ceux qui ont croisés et vivent de nouveau aux côté de Maëlle/Ayat, on découvre la manipulation et l'endoctrinement d'une jeune fille pour le Djihad. Elle qui a grandit dans une famille athée ne connait rien à l'Islam, rien d'autre que ce que ses sœurs, qui tissent leur toile autour d'elle par le biais de Facebook, lui en ont dit. 
Et puis en Syrie c'est la réalité. Loin des messages et des vidéos qui l'ont tant fait rêver. Elle qui était pleine d'idéaux et de combativité, de volonté d'améliorer le monde, et de suivre ceux qui lui montrent le bon chemin à suivre, se retrouve confrontée à un univers de violence tout à fait différent de son imaginaire. Plongée dans la guerre, la vraie, elle n'est qu'une ado, et la peur la rattrape. 

Ce roman est véritablement poignant. Parce qu'il nous permet de toucher au plus près cet endoctrinement qu'on ne comprend pas. Dans les témoignages les familles des jeunes partis faire le Djihad disent que tout est allé très vite, et qu'ils ne pensaient pas que ça irait jusque là. Ici c'est pareil. Mais Patrick Bard, fort de son expérience journalistique nous donne quelques clés de compréhensions. Pas toutes, mais une bonne partie. Je pense qu'il est bon que de nombreuses personnes lisent ce roman, et pas seulement des jeunes. Il permet de déceler ensuite les changements au plus tôt, et d'anticiper ce départ vers la mort de ces jeunes.
Nous sommes ici à la frontière entre fiction et témoignage tant ce récit m'a semblé proche de la réalité. Et puis Patrick Bard soulève très justement et avec beaucoup d'intelligence la question du retour en France, du désendoctrinement en vue d'une réinsertion. Contrairement à ce que de nombreuses personnes disent, on ne peut pas les isoler et les parquer comme des bêtes. Ce sont des humains. Des gens perdus, des gens avec des espoirs et des rêves trop grands qui ont croisés la route des mauvaises personnes. Mais pour ça il faudrait plus d'Aïcha.

Merci aux éditions Syros et à Patrick Bard pour ce roman indispensable. 

mardi 23 août 2016

Des hommes de peu de foi

Des hommes de peu de foi, Nickolas Butler
éditions Autrement, 
544p. 

Sortie prévue le 24 août 2016.


Oh la la! Qu'il va être difficile de passer derrière Suspends Ton Vol pour faire une chronique sur ce magnifique roman de Nickolas Butler! 
Je vais tout de même essayer!


Voici un grand roman américain, fresque de 57 années à travers les portraits de 3 hommes. 3 générations. 3 parties. 3 visages de l'évolution de la place de l'homme dans la société racontés à travers le microcosme d'un camp scout.
D'abord en 1962. Nelson est un jeune scout, le clairon de sa compagnie. Pas d'amis, petit, son père se désintéresse de lui et ne profite pas du séjour pour des activités père-fils comme les autres pères. Heureusement, Wilbur, chef du camp scout, ancien soldat, soutien ce petit garçon un peu perdu. Il voit en lui un homme à l'ancienne, comme ceux que sa génération admirent. Un vrai scout, respectueux des règles et de l'honneur.
1996, Nelson est devenu chef du camp de Chippewa. Revenu de la guerre du Vietnam traumatisé, il se force à faire respecter les valeurs qui sont les siennes, les valeurs anciennes de la société et du scoutisme.
2019 enfin, Nelson est devenu vieux. Toujours chef du camp scout il doit désormais lutter contre une image conservatrice du scoutisme. Ne viennent encore que des réactionnaires misogynes et des gamins collés à leurs smartphone et tablette. 

A travers 3 époques, Nickolas Butler nous présente 3 générations d'hommes. Des hommes qui essaient d'être bons, qui tentent de trouver une place dans la société qui mue et qui modifie leur rôle tout en les voulant toujours héroïques. Car c'est bien là les questions soulevées par ce roman qui ne juge pas: qu'est-ce qui fait d'un homme un héro? Qu'est-ce qu'il faut faire pour être bon?

En filigrane la question de l'armée. Comme si le seul moyen d'être un héro et un homme de bien à la sortie d'un camp scout c'était de s'engager dans l'armée. Quelque soit l'époque, quelques soient les valeurs. Du moins dans l'idée de ses hommes. Pourtant Nickolas Butler semble nous montrer que c'est dans leur quotidien que les hommes doivent chercher la clé. Un héroïsme ordinaire qui semble valoir beaucoup plus que tous les actes de bravoures au combat. 

Sans jamais juger, Nickolas Butler offre un panorama de la société américaine sur les 50 dernières années, et surtout sur le rôle et la place des hommes. Magnifique, prenant, Des Hommes de Peu de Foi est véritablement un roman à lire dans cette rentrée littéraire!

lundi 22 août 2016

Bouche cousue

Bouche cousue, Marion Muller-Colard,
Editions Gallimard, collection Scripto
112p, janvier 2016
A partir de 13 ans



Encore un titre pour le challenge contre l'homophobie! 3ème chronique rédigée, 4 livres lus. Cette fois-ci je reparle d'homosexualité, et du côté des filles ce coup-ci. On varie les plaisirs, on varie les lectures même si je reste dans la même tranche d'âge!


L'histoire est celle d'Amandana, dite Amande, 30 ans. Les relations avec sa famille sont assez compliquées pour elle. Même si elle participe physiquement toutes les semaines au déjeuner familial dominical, son objectif est d'y être invisible, de rester dans l'ombre et de servir de faire valoir à sa grande sœur. Il n'y a qu'avec Tom, 15 ans, son neveu, enfant non désiré et arrivé beaucoup trop tôt, qu'elle entretien un lien privilégié. 
Ce dimanche l'ambiance est à couper au couteau. Tom ne lâche pas ses pieds du regard. Il a l'air de chercher à être encore plus transparent qu'Amande, pourtant maîtresse dans cet art. Alors quand la petite sœur de Tom balance à la famille que la mauvaise ambiance est due au fait que Tom ait embrassé un garçon, tout bascule. Amande doit aider Tom. Et pour ce faire elle lui adresse une lettre dans laquelle elle lui raconte sa propre histoire. Ses 15 ans, quand elle a découvert qu'elle était amoureuse d'une camarade de classe.

Le texte est très pudique et en même temps Amande y dévoile beaucoup d'informations à son neveu. Elle y parle de sa solitude dans ce corps qu'elle ne comprends pas toujours. Elle y parle de sa rencontre avec Marc et Jérôme qui lui offrent une bulle de bien être à l'opposée de sa famille silencieuse et drapée dans les apparences. L'épisode de ses premières règles est très significatif sur les non-dits qui gouverne sa famille. On ne parle pas de ces choses là. On ne parle pas d'amour, le sexe et le désir ne semblent pas exister. Et si l'on n'en parle pas, c'est sans doute parce que c'est sale s'imagine Amande. Car à la maison c'est la propreté (sa mère tient une laverie automatique) et l'ordre (le lit de ses parents toujours au cordeau) qui règnent en maîtres.
Et l'auteur, tout en finesse nous fait comprendre les dangers de ne pas parler d'amour et de sexualité à ses enfants. Une fille enceinte l'année de son bac, mariée dans la foulée pour éviter l’opprobre. L'autre fille qui, à 30 ans, n'est toujours pas épanouie dans sa sexualité et ses relations amoureuses, qui continue de se brider et de se rejeter. En écrivant ce texte Amande souhaite que Tom échappe au destin qu'elle-même a subit. Elle veut lui faire comprendre qu'il ne doit pas éteindre son désir sous la gifle de son grand-père, comme elle l'a fait avant lui.

Ce texte, très court et sensible, est à mettre entre les mains de tous les ados, qu'ils se cherchent ou qu'ils se soient trouvés, qu'ils soient homo ou hétéro... il leur fera comprendre combien parler d'amour et de désir est important pour s'épanouir.

samedi 20 août 2016

Cette fille c'était mon frère

Cette fille c'était mon frère, 
Julie Anne Peters, chez Milan
384p.
A partir de 13-14 ans.


4ème roman lu pour le challenge contre l'homophobie -même si je ne poste pas les chroniques dans l'ordre de mes lectures-, celui-ci ne parle pas d'homosexualité. Mais d'un sujet encore plus tabou en littérature, d'autant plus en littérature de jeunesse. Le transgenre. Malgré tout, je me suis dit que la LGBT ne m'en voudrait surement pas de parler de transgenre dans un challenge contre l'homophobie. Et j'espère que les administrateurs du challenge non plus. ;)


L'histoire est celle de Regan, une jeune lycéenne qui aurait une vie tout à fait banale si sa sœur n'était pas née avec un handicap. Un handicap qui transforme leurs vies à toutes deux en cauchemar, puisque Luna est née dans le corps d'un garçon. Ses parents l'ont appelé Liam, et leur père voudrait avoir avec "son fils" une véritable relation d'homme à homme. Regan est la seule à connaitre le secret de sa sœur, et ce secret la pèse, d'autant plus qu'elle ne sait pas bien qu'elle position adopter face à cette situation qu'elle juge "hors norme".

Ce roman est magnifique! Il aborde par plusieurs angles la souffrance d'un adolescent transgenre qui cherche à faire sa transition aux yeux du monde et qui se retrouve confronté à la colère, au dégoût, à l'incompréhension, au rejet... Luna est finalement comme toutes les jeunes filles, elle souhaite être aimé pour ce qu'elle est réellement. Mais dès qu'elle ne montre, ne serait-ce qu'un petit bout d'elle, les gens la rejettent. Elle se doit donc de jouer son rôle, jour après jour, celui de Liam, dans la peau d'un être qui n'est pas elle. 
Et cette transition est d'autant plus difficile lorsque l'on a un père macho, misogyne, et qui refuse l'idée même que son fils puisse être gay (ce qui pourtant serait, selon lui, un moindre mal). Comment lui faire comprendre qu'il n'est pas un mauvais père parce qu'il n'arrive pas à nouer une relation père-fils idéale, mais parce qu'il n'a jamais vraiment regardé son fils au point de la voir vraiment derrière les apparences? Comment lui faire accepter que toutes ces années il s'est trompé?
Heureusement pour soutenir Luna il y a sa petite sœur, Regan. Mais Regan n'a pas choisi le combat de Luna. Et elle semble le subir parfois un peu trop lourdement. Partagée entre son amour pour sa sœur, son amour pour son frère (car oui ce personnage de Liam, même s'il est faux, elle l'aime), et son désir de passer inaperçue et de vivre une vie normale. Elle se sent étouffée par sa sœur, obligée de mener un combat qui n'est pas le sien et dont elle ne veut pas. C'est un personnage particulièrement intéressant, qui nous montre toute l'ambivalence face au désir d'un être aimé qui n'est pas le notre. 
Et puis il y a Allie, la meilleure amie depuis l'enfance. Celle qui pense que Liam est gay, qu'il ne fera jamais son coming-out et qu'il finira par l'épouser, elle qui l'aime depuis si longtemps. Allie à qui Luna, Liam et Regan cachent si longtemps la vérité.
Et le beau Chris, celui qui cherche à percer la carapace de Regan. Celui devant lequel Regan fond tant et si facilement.

Ce roman est vraiment magnifique. Il parle de combat bien entendu. D'un combat pour devenir soit même. D'une chenille qui cherche à briser son cocon pour devenir papillon dans un monde où l'on doit rester chenille toute sa vie. Mais il nous parle aussi, et surtout d'amour. D'amour de soi, de désamour de soi, amour de l'autre, amour sororal, amour familial et premier amour. 
J'ai lu pas mal de critiques qui trouvaient qu'il y avait des longueurs. Personnellement je ne les ai pas senties. J'étais totalement envoûtée par cette histoire hors du commun et troublante. Car qui ne se pose pas la question de ce qu'il ferait à la place de Regan, à la place des parents de Liam/Luna  ou à la place d'Allie à la lecture de ce livre? 
Pour moi ce roman aborde la thématique du transgenre avec, ce que je pense être, de la justesse. Une réussite.

lundi 15 août 2016

Rentrée littéraire 2016



Attention, dans moins de 3 jours c'est la déferlante qui commence!!!!

Et si cette année, sur le papier, la rentrée littéraire ne m'emballait pas des masses, finalement il y a tout de même quelques lectures qui m'ont vraiment vraiment plu.
J'ai reçu beaucoup, beaucoup de choses à lire. Je n'ai même pas eu le temps d'en lire la moitié. Entre la rentrée littéraire adulte, celle de la jeunesse, les challenges, et puis j'avoue que j'ai fais quelques lectures pour mon plaisir aussi. C'est important de lire un livre quand on en a envie!
Et puis de toute façon il est important de ne pas tout lire de la rentrée littéraire, jouer le jeu de la frustration des éditeurs! Voir la pile de ce que l'on souhaite lire augmenter, augmenter... Et voir toujours plus de nouveaux romans en librairie...


L'actu en patates, blog.lemonde.fr



Alors comment vous parler d'une partie des 560 romans prévus en littérature adulte, plus de ceux qui doivent sortir en jeunesse? Ouf je ne fais pas les essais, ni les BD ou les beaux-arts... Après réflexion je me dis que sous forme de calendrier ça devrait-être pas mal. Qu'en pensez-vous? 

Attention, c'est liste n'est pas exhaustive! Elle ne présente que les titres que j'ai reçu, ou dont j'attends avec impatience la sortie pour pouvoir les lire quand je n'ai pas eu la chance de les recevoir. 

17 Août 2016:
  • Vivre près des Tilleuls par L'AJAR aux éditions Flammarion. Lu et aimé, bientôt la critique.
  • La Valse des arbres et de Ciel de Jean-Michel Guenassia chez Albin Michel. Je l'attends avec impatience.
  • L'année la plus longue de Daniel Grenier chez Flammarion. Pas encore eu le temps de mettre le nez dedans, mais très intriguée.
  • Repose-toi sur moi de Serge Joncour chez Flammarion. J'avais envie, et puis les avis sont pour le moment trop mitigés pour que je me lance.
  • Soyez imprudent les enfants de Véronique Ovaldé chez Flammarion. Je me le garde pour la fin.
  • Sous la vague d'Anne Percin au Rouergue. Jamais lu Anne Percin chez les adultes, mais la thématique me freine un peu.
  • L'administrateur provisoire d'Alexandre Seurat au Rouergue. Abandonné. Non mais non. Je n'y arrive pas. 
  • 14 Juillet d'Eric Vuillard chez Actes Sud. Commencé et pour le moment je le trouve très bon.
  • Un enfant plein d'angoisse et très sage de Stéphane Hoffmann chez Albin Michel. Oh zut j'avais oublié celui-ci alors que l'idée me tente beaucoup.
  • Lithium d'Aurélien Gougaud chez Albin Michel. Un premier roman qui dans l'idée me fait penser à Hell de Lolita Pille version trentenaire. Pas encore lu.
  • Le grand jeu de Céline Minard chez Rivages. Alors j'avais envie, mais j'ai vu les avis et du coup je crois que je passe mon tour...

18 août 2016:

  • Lucie ou la vocation de Maëlle Guillaud aux Editions Héloïse d'Ormesson. Heu... Un peu oublié, mais dans mon souvenir pas trop mal.
  • L'archipel d'une autre vie d'Andreï Makine au Seuil. Magnifique.
  • Une comédie des erreurs de Neil Zink au Seuil. Je le veux! Je l'attends! Je le désire tant!
  • Amour Monstre de Katherine Dunn chez Gallmeister. Sûrement ma prochaine lecture tant ça me titille. 
24 août 2016:


  • Des hommes de peu de foi de Nickolas Butler chez Autrement. Génial!
  • L'éveil de Line Papin chez Stock. Je pense que je vais le lire juste pour découvrir le style de ce nouvel auteur, parce que l'histoire en elle-même...
  • Une fille et un flingue d'Ollivier Pourriol chez Stock. Commencé. Abandonné. Pas mal mais j'ai bien peur que ce ne soit pas une idée de sortir un tel titre dans la rentrée littéraire. En fait je ne vois pas l'intérêt de le sortir dans la masse des romans d'août-septembre.
  • Station Eleven d'Emily St. John Mandel chez Rivages. Je tourne autour, encore et toujours et pour le moment je n'ai pas fais la grand saut alors que je n'entends que des avis plus que positifs!
  • Songe à la douceur de Clémentine Beauvais chez Sarbacane. Un roman jeunesse que j'attendais avec beaucoup d'impatience et de curiosité. Je l'ai commencé. Mis en pause je vais le reprendre depuis le début. Je n'étais pas dans le bon état d'esprit la première fois, et je n'ai pas trouvé le rythme. Et pourtant ce rythme est primordial pour cette lecture! Alors comme je ne veux pas gâcher...


25 août 2016:


  • Une bouche sans personne de Gilles Marchand Aux Forges de Vulcain. Mon chouchou.
  • Minnow, un roman de James E. McTeer II aux Editions du Sous-sol. Ah zut, celui-ci aussi il m'était sorti de la tête.
  • The Girls d'Emma Cline chez Quai Voltaire. Comme le Simon Liberati de cette rentrée 2016, California, un roman autour de Charles Manson. Mais c'est celui-ci qui me donnait le plus envie. A lire prochainement.
  • Et mes yeux se sont fermés de Patrick Bard chez Syros. Un peu de jeunesse. Et du très bon!
  • Le copain de la fille du tueur de Vincent Villeminot chez Nathan. Encore de la jeunesse, et c'était cool.

31 août 2016:
  • Babylone de Yasmina Reza chez Flammarion. Un auteur que j'aime beaucoup pour son théâtre et dont je dois ici découvrir la littérature.

1er septembre 2016:
  • Les pêcheurs d'étoiles de Jean-Paul Delfino aux éditions Le Passage. Un très beau roman, très poétique sur le Paris et l'art en 1925. Un beau voyage dans le temps.
  • Rebelle du désert d'Alwyn Hamilton chez Pocket Jeunesse. Heu, là je ne sais pas. Sans doute que je vais passer mon tour...

7 septembre 2016:
  • Le vieux Saltimbanque de Jim Harrisson chez Flammarion. Dernier livre de Jim Harrisson qui raconte la fin de sa vie. J'ai commencé et ça laisse présager du bon!

9 septembre 2016:
  • Les pluies de Vincent Villeminot chez Fleurus. Encore un nouveau titre de cet auteur prolifique. Encore un titre que je veux et que j'attends!

14 septembre 2016:
  • Génération K, tome 1, de Marine Carteron au Rouergue. Encore de la jeunesse, et qui déboîte! Hâte de vous en parler.
  • Illuminae d'Amie Kaufman et Jay Kristoff chez Casterman. Autant vous dire qu'il me brûle de me plonger enfin de ce titre qui m'intrigue et m'attire!

15 septembre 2016:
  • Watership Down de Richard Adams chez Monsieur Toussaint Louverture. Un classique de la littérature anglaise de nouveau publié en français. Une découverte pour moi de ce titre qui est l'un des livres les plus vendus au monde!
  • Qui m'aime me suive! d'Emma Moss chez Slalom. Encore un thème en jeunesse qui me branche plutôt chez Slalom, mais vu ma déception la dernière fois je suis plutôt frileuse désormais.
  • Le sacre des trois de J.D. Rinehart chez Pocket Jeunesse. Si j'ai le temps...

22 septembre 2016:
  • Guide de survie pour le voyageur du temps amateur de Charles Yu aux Editions Aux Forges de Vulcain. Un titre de SF pour la rentrée littéraire il fallait oser. Personnellement il faudrait peut-être, si j'ai le temps, que je retente, mais j'ai abandonné faute de bien comprendre ce que je lisais...


Et voilà donc tous les titres dont j'espère arrivé à vous parler prochainement. En espérant qu'il n'y ait pas de nouveaux venus trop nombreux qui s'intègrent...
Encore pas mal de boulot en perspective et je suis loin d'être prête. 
Allez, haut les cœurs! 

vendredi 29 juillet 2016

Bilan Juin 2016

Le mois de juin c'est déjà la préparation de la rentrée littéraire. Alors du coup, je ne peux pas vous parler tout de suite de la majorité des livres que j'ai lu pendant ce mois. Ce serait un peu prématuré. -Oui, oui je sais bien que j'ai pourtant déjà écrit un billet sur Une bouche sans personne de Gilles Marchand... Mais j'avais tellement besoin de partager!
Voici donc, pour commencer, un aperçu de mes lectures de Juin 2016!

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Chez les adultes

L'archipel d'une autre vie d'Andreï Makine aux éditions du Seuil. 288p.
Sortie prévue le 18 août 2016.
Andreï Makine a toujours sa plume classique et magnifique. Un sublime récit d'aventure, sorte de roman initiatique, qui met en lumière l'absurdité des mondes d'hier et de d'aujourd'hui. On suit Makine qui utilise pleinement son talent de conteur pour nous envoûter. 










Lucie ou la vocation de Maëlle Guillaud aux éditions Héloïse d'Ormesson. 208p.
Sortie prévue le 18 août 2016.
L'histoire d'une jeune fille, qui, de nos jours, décide d'entrer dans les ordres et de devenir l'épouse du Christ. Mais cet univers clôt semble encore plus impitoyable que le monde extérieur. Étrange et troublant. 










Vivre près des tilleuls, l'AJAR chez Flammarion, 128p.
Sortie prévue le 17 août 2016.
Un exercice littéraire impressionnant puisque ce roman est écrit par 18 jeunes auteurs suisses. Mais au delà de cet exercice, un roman poignant sur la perte d'un enfant. 







Les pêcheurs d'étoiles, Jean-Paul Delfino aux éditions Le Passage. 240p.
Sortie prévue le 1er septembre 2016.
Un roman poétique qui mêle réalité historique et merveilleux dans un Paris de 1925. Une folle nuit dans les pas d'Erik Satie et Blaise Cendrars à la poursuite de la belle Biquie, de la vie, de l'art... Des bas-fonds parisiens aux soirées mondaines, une nuit tourbillonnante pleine de poésie et de magie.
Pour les amoureux de l'Art.








Une bouche sans personne de Gilles Marchand, éditions Aux forges de Vulcain.
Sortie prévue le 25 août 2016.
Mais vous avez déjà dû le noter dans vos agendas! Dois-je vous rappeler à quel point j'ai adoré ce roman?! Tellement que j'ai eu un peu de mal à me relancer dans un autre roman adulte ensuite...








Pour les ados


L'été ou papa est devenu gay, d'Endre Lund Eriksen aux éditions Thierry Magnier. 288p. A partir de 14 ans.
Lu dans le cadre du challenge contre l'Homophobie, un vrai coup de coeur pour ce roman drôle, réaliste, et qui pose les bonnes questions sur le bonheur et l'épanouissement en étant sois-même.








La Guerre des mercredis de Gary D. Schmidt à l'Ecole des Loisirs. 382p. A partir de 13 ans. 
Dans l'Amérique des années 60, en pleine guerre du Vietnam, un roman qui parle de l'adolescence, de l'école, de Shakespeare, de base-ball. 
Un roman initiatique très drôle, Holling Hoodhood m'a totalement séduite!







Dis-moi si tu souris d'Eric Lindstrom chez Nathan. 396p. A partir de 13 ans.
Parker, 16 ans, est aveugle, mais elle n'est ni sourde, ni stupide. Cette année elle retrouve son ex meilleur ami/ ex petit ami/ pire ennemi. Et il va lui falloir du courage pour supporter les nombreux changements qui l'entourent.
Un roman sur une jeune fille qui cache ses faiblesses sous des airs de peste. Il y a un je ne sais quoi de Nos étoiles contraires dans ce roman addictif. 







Bouche cousue de Marion Muller-Colard chez Gallimard, dans la collection Scripto. 112p. A partir de 13 ans.
Deuxième roman pour le challenge contre l'Homophobie lu ce mois-ci. 
Un texte très court et très sensible a mettre entre les mains de tous les ados, qu'ils se cherchent ou se soient trouvés, homo ou hétéro... il leur permettra surement de comprendre combien parler d'amour et de désir est important pour s'épanouir.










Banzaï Sakura, de Véronique Delamarre Bellégo chez Oskar Editeur. 112p. A partir de 10 ans.
Un roman qui traite intelligemment du racisme et du harcèlement scolaire. Sakura va utiliser les légendes japonaises pour se venger du caïd qui l'a choisie comme souffre douleur.







La garçon qui jouait à la poupée de Roger Judenne chez Oskar éditeur. 48p.
A partir de 7 ans.
Mattéo, contrairement à nombre de ses camarades de classe, ne voit pas le monde comme "coupé en deux". Il n'y a pas pour lui ce qui est réservé aux filles et ce qui est réservé aux garçons. Un roman très intelligent et nécessaire pour lutter contre les idées reçues et l'imposition du genre aux enfants et leurs divisions en fonction de leur sexe.










Un amour de tortue de Roald Dahl chez Gallimard Jeunesse, dans la collection Folio Cadet. 72p. A partir de 7 ans.
Cette année ce sont les 100 ans de la naissance du plus grand écrivain jeunesse de tous les temps (selon moi bien entendu!)! Alors j'ai décidé de lire les titres qui m'ont échappés quand j'étais enfant, voir de relire ceux que j'ai adoré. Et le premier est une nouvelle rigolote, mais que les adultes verront (comme de nombreux romans de Roald Dahl) très différemment des enfants. 







Et voilà. Je ne vous parlerais pas de ceux que j'ai abandonné ce mois-ci, pour diverses raisons... Malheureusement ils sont relativement nombreux, par rapport à d'habitude.